Un onboarding fournisseur bâclé peut coûter cher — défaut de paiement, sanction manquée, fraude documentaire — bien au-delà du temps qu'aurait pris une vérification en amont. Cette checklist en 10 étapes couvre les situations les plus courantes d'onboarding fournisseur, en France comme au Maroc.
Étape 1 — Collecter l'identifiant officiel
- France France : SIREN (9 chiffres) ou SIRET (14 chiffres) — via Pappers, INSEE, Societe.com
- Maroc Maroc : ICE (15 chiffres) + numéro RC — via DGI, OMPIC
- UE UE : numéro TVA intracommunautaire — via VIES (ec.europa.eu/taxation_customs/vies)
- International : D-U-N-S Number ou LEI (Legal Entity Identifier 20 caractères)
Red flag : le fournisseur refuse ou tarde à communiquer son identifiant officiel.
Étape 2 — Vérifier l'existence légale
- Interroger la base officielle correspondante (INSEE, OMPIC, VIES)
- Vérifier le statut : actif, suspendu, radié, en procédure collective
- Noter la date de création (ancienneté = signal de stabilité)
- Contrôler la cohérence adresse / activité / effectif déclaré
Étape 3 — Obtenir et analyser les documents
Documents à demander systématiquement :
- Extrait Kbis (France) / Attestation RC (Maroc) — < 3 mois
- Attestation fiscale URSSAF (France) / DGI (Maroc) — < 3 mois
- Attestation sociale URSSAF (France) / CNSS (Maroc) — < 3 mois
- 2 derniers bilans et comptes de résultat (si disponibles)
- RIB professionnel au nom exact de l'entreprise
- Assurance responsabilité civile professionnelle (selon secteur)
Étape 4 — Identifier le bénéficiaire effectif (UBO)
Le bénéficiaire effectif est la personne physique qui contrôle réellement l'entité (détention > 25 % du capital ou droits de vote, ou contrôle par d'autres moyens).
- France France : consulter le Registre des Bénéficiaires Effectifs (RBE) via Infogreffe
- Maroc Maroc : demander déclaration UBO directement au fournisseur (registre RBE marocain en cours de généralisation)
Red flag : structure détenue à > 50 % par une société offshore (BVI, Panama, Marshall Islands) sans explication commerciale claire.
Étape 5 — Screener contre les sanctions internationales
Listes à croiser impérativement :
- OFAC SDN List (US) — 18 000+ entités
- Liste consolidée ONU — 1 200+ entités
- OFSI UK — sanctions financières britanniques
- Liste UE — régimes de sanctions européens
- Gel des avoirs Trésor (France)
- Office des Changes (Maroc)
Outil recommandé : plateforme agrégée comme RiskSonnar, OpenSanctions ou ComplyAdvantage. Le screening manuel 6 listes prend 30+ minutes par entité.
Étape 6 — Détecter les PEP parmi les dirigeants
Les PEP (Personnes Politiquement Exposées) déclenchent une vigilance renforcée (EDD) même sans suspicion :
- Ministres, parlementaires, gouverneurs
- Hauts magistrats, dirigeants d'autorités
- Ambassadeurs, officiers militaires supérieurs
- Dirigeants d'entreprises publiques stratégiques
- Proches familiaux et collaborateurs directs des PEP
Les listes PEP consolidées (OpenSanctions ~700k, Wikidata ~500k) couvrent les figures identifiables. Pour les PEP locaux moins connus, s'appuyer sur un outil couvrant la juridiction concernée (RiskSonnar couvre France + Maroc avec ~30 000 PEP spécifiquement marocains).
Étape 7 — Analyser l'historique BODACC / procédures collectives
- France Consulter le BODACC par SIREN
- Chercher : sauvegarde, redressement, liquidation, radiation d'office
- Maroc Consulter le Bulletin Officiel du Maroc (BO) pour les procédures publiées
Red flag : 2+ procédures en 5 ans, même anciennes.
Étape 8 — Croiser le dirigeant avec son réseau
Un dirigeant qui a déjà laissé plusieurs entreprises en liquidation suit un pattern. Comment vérifier :
- Rechercher le nom du dirigeant principal dans BODACC (famille avis = collective)
- Croiser avec le Fichier National des Interdits de Gérer (FNIG)
- RiskSonnar expose automatiquement la Fiche Dirigeant avec toutes ses sociétés, sanctions, PEP
Étape 9 — Vérifier la réputation en ligne et la presse
- Recherche Google du nom de l'entreprise + "fraude", "arnaque", "escroquerie"
- Vérifier les avis Trustpilot, Glassdoor, Google Maps
- Lire la presse spécialisée sur les 3 dernières années (GDELT ou Google News)
Un silence complet sur une entreprise qui prétend faire 10 M€ de CA = anormal. Une présence très négative = red flag évident.
Étape 10 — Documenter et archiver
Tout le dossier KYC doit être :
- Archivé 5 ans minimum (10 ans pour les assujettis LCB-FT stricts)
- Conservé de manière sécurisée (accès restreint, chiffrement)
- Re-vérifié périodiquement (recommandation : annuel pour risque standard, trimestriel pour risque élevé)
- Prêt à être présenté en cas de contrôle Tracfin / ACPR / ANRF
Une bonne documentation KYC protège l'entreprise en cas de problème ultérieur : si un fournisseur s'avère frauduleux mais que vous avez fait une due diligence raisonnable et documentée, votre responsabilité est largement couverte.
Template d'onboarding simplifié
Voici un template email à envoyer au nouveau fournisseur pour collecter les pièces en un seul tour :
Objet : Onboarding fournisseur - Documents à fournir
Bonjour [NOM],
Pour finaliser votre référencement dans notre SI achats, merci de nous
transmettre les documents suivants sous 7 jours :
1. Extrait Kbis (ou attestation RC pour Maroc) < 3 mois
2. Attestation URSSAF (ou CNSS) de paiement des cotisations
3. Attestation fiscale de régularité
4. 2 derniers bilans et comptes de résultat (si SARL/SAS)
5. RIB au nom exact de [RAISON SOCIALE]
6. Assurance RC professionnelle en cours
7. Déclaration sur l'honneur de bénéficiaire effectif
Tous les documents peuvent être envoyés par email à compliance@[domaine].com.
Bien cordialement,
FAQ — 5 questions fréquentes sur le KYC fournisseur
Le KYC fournisseur est-il obligatoire ?
Pour les assujettis LCB-FT (banques, assurances, experts-comptables, avocats, agents immobiliers, PSAN...), oui, c'est une obligation légale. Pour les entreprises non assujetties, ce n'est pas formellement obligatoire, mais constitue une bonne pratique de gestion des risques — et une protection en cas de fraude d'un fournisseur.
Faut-il refaire le KYC tous les ans ?
Pour les fournisseurs classés à risque faible : révision annuelle suffit. Pour le risque standard : tous les 2 ans. Pour le risque élevé (PEP, juridiction à risque, montants importants) : trimestriel ou semestriel. Tout changement significatif (changement de dirigeant, déménagement, procédure collective) doit déclencher une révision immédiate.
Que faire si le fournisseur ne fournit pas les pièces demandées ?
Refuser de commencer la relation. Un fournisseur légitime transmet tous les documents demandés dans la semaine. Un refus, un délai supérieur à 30 jours, ou la fourniture de documents falsifiés = signal d'alerte majeur. Préférez un fournisseur transparent à un pseudo-bon prix.
Comment traiter un fournisseur étranger (hors UE) ?
Adaptez la checklist au registre de commerce du pays : Companies House au Royaume-Uni, Registo Comercial au Portugal, Handelsregister en Allemagne, etc. Ajoutez systématiquement un screening OFAC + ONU + UE, plus une vérification du pays sur la liste GAFI (pays à haut risque = vigilance renforcée obligatoire).
Combien de temps prend un KYC complet ?
Sans outil : 2 à 4 heures par fournisseur (collecte docs, vérification manuelle sur chaque source, screening sanctions, documentation). Avec un outil consolidé comme RiskSonnar : 5 minutes (scan automatisé + validation humaine des red flags détectés). Automatiser réduit fortement le temps consacré aux tâches manuelles répétitives dès que le volume de KYC devient récurrent.
KYC fournisseur complet en 60 secondes
RiskSonnar couvre les 10 étapes de cette checklist automatiquement. Kbis, UBO, sanctions, PEP, BODACC. Rapport PDF prêt pour audit.
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